LA CATHEDRALE

par "Marie51"


Nous marchions et sans tourner la tête, je savais que tu me suivais ; que tu demeurais à mes cotés. Combien de fois, avons-nous admiré ces façades imposantes, dressées vers le ciel, en dépit de leurs reliefs tourmentés ?

Les gargouilles semblaient nous regarder. Impressionnée, je les trouvais, un air hostile et effrayant. Dans quel esprit torturé étaient-elles nées ? Elles étaient perchées, surplombant la foule qui passait, en observant les passant fixement, d'un air menaçant…

Il faisait froid, tout en marchant, nous devisions de tout et de rien. L'intérieur de la cathédrale était encore plus étrange, avec ses voûtes immenses qui s'entrecroisaient, régulièrement, à chaque croisement.

Ma main s'est posée sur une colonne de pierre polie par les mains des millions de croyants. La pierre était froide et pourtant d'une douceur surprenante, sans aucun granulé comme si les caresses de ses millions de fidèles avaient enfin adouci la rugueur de sa pierre.

Comme beaucoup, nous parlions à voix basse, en nous souriant, impressionnés, il est vrai, par cet immense et respectable monument célèbre dans l'histoire de France.

En levant les yeux, dans la nef principale, je vis les vitraux s'éclairer, traversés par un éclat de soleil. Le bleu indigo souvent dominait dans les vitraux. Le jaune l'éclairait joyeusement. Le rouge irradiait le verre comme de multiples gouttes de sang.



J'avais du mal à imaginer que la Cathédrale de Reims fut commencée en 1211 et terminée au XIIIe siècle, devant tant de magnificence. Tant d'art et de maîtrise dans les sculptures me stupéfiaient …

Toute cette architecture m'ébahissait, en me demandant combien de vies avaient été sacrifiées, pour obtenir ce résultat dédiée à la religion.

Quel était l'architecte qui l'avait dessinée ? Je l'ignorais. J'imaginais ce peuple, marchant, pieusement, la tête penchée, dans l'allée principale, comme des fantômes du passé, observant du coin de l'œil, le revers du grand portail, où se trouvaient sept rang de sculptures étonnantes en relief.

Les statues étaient superbes ; leur port de tête droit et fier. On devinait sur leurs traits un certain apaisement. Les femmes souriaient simplement. Les hommes avaient une gravité imposante. Certains portaient sur eux leur cote de maille, pour les protéger. En ce temps là, les guerres existaient encore.


La Cathédrale de Reims demeurait, immuable et fière, en dépit des années qui passaient. Des centaines d'hommes de tous pays, continuaient à y consacrer leurs vies, pour la restaurer, magnifiquement. La Cathédrale continuait à attirer des millions de touristes du monde entier pendant que l'ange au sourire, nous regardait passer, en souriant au dessus de nos têtes, mystérieusement…

Nous n'avons pas entendu le cœur des anges chanter, religieusement, mais nous sommes sentis suffisamment impressionnés, en nous en allant, en chuchotant dans l'allée immense…La Cathédrale de Reims se dressera encore pour de très longs siècles vers le ciel immense.

2006



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